Aricle Picon Vallin

BÉATRICE PICON-VALLIN, DIRECTEUR DE RECHERCHE EN ETUDES THÉÂTRALES AU CNRS :

"J'ai été à l'Ecole du Jeu, intriguée par les échos très positifs que me renvoyaient les élèves de Delphine Eliet qui avaient intégré le CNSAD, après avoir travaillé avec elle.
J'ai aimé l'ambiance calme et lumineuse qui régnait dans l'atelier de travail. Delphine Eliet, qui a derrière elle un beau parcours d'actrice, sait utiliser son expérience et son savoir pour dispenser une pédagogie originale qui, avant de s'intéresser au travail du texte, passe par la connaissance et l'écoute, pour chacun, de son « corps en jeu » (improvisations à partir d’impulsions fortes, jeu avec le(s) partenaire(s), écoute de l'autre à travers les informations physiques qui émanent de lui, affinage de la perception. 
Les élèves-acteurs sont considérés comme des joueurs, et elle retrouve par là, les principes des quelques grands directeurs d'acteurs pour lesquels au théâtre l'état de joie est l'état créateur par excellence. Elle transmet aux élèves-acteurs le sens du plateau, la responsabilité qu'implique le fait d'y entrer et les risques qu’il faut savoir y prendre. 

Delphine Eliet aime enseigner, elle transmet des principes incontournables pour qui veut faire du théâtre. Cette Ecole du jeu est un lieu à protéger et à développer."

Delphine Eliet

Justine Cormary, ETUDIANTE :

"La TCIC m'aide et m'apporte des outils qui me permettent de construire ma liberté.

Ces semaines de travail m'ont permis de comprendre que la liberté n'est pas, comme j'en avais le préjugé, une infinité de possibles que l'on ne cesse d'explorer sans jamais s'en épuiser mais plutôt une densité profonde dans le bas-ventre qui contient déjà cette infinités de possibles, que je conscientise, que j'écoute et que j'accepte être là pour puiser ce que je désire quand je le désire.

Être libre c'est alors être digne avec tout ce que je suis, être à l'écoute de mes envies, désirs et savoir faire des choix quand il est nécessaire.

Être libre, c'est savoir réveiller la vie, l'envie d'être en vie et de la partager.

C'est de cette manière que j'ai traversé la TCIC ces dernières semaines.

La façon dont les exercices sont construits me permet toujours de me raccrocher à des objectifs très concrets qui me permettent justement d'exprimer pleinement cette vibration intérieure sans me laisser submerger par l'intensité que ça réveille.

En cours de TCIC, je retrouve immédiatement et systématiquement cette vibration profonde de vie. J'ai comme une lumière qui s’allume plein feu dans mon ventre qu'en temps normal j’assombris, voire que j'éteins. Je me permets de l'allumer parce que justement dans ce contexte de la TCIC c'est ce qui est demandé explicitement. Je me sens accompagnée dans l'allumage de tout mon être par les indications. Même alimentée dans ma traversée. J'apprends alors vite et intensément par chacune de ces expériences. 

Ce que je commence à faire cette année, qui m'est plus difficile mais qui me permet réellement de gagner en liberté, c'est d'amener, de prendre avec moi ce que j'apprends et ce que je vis en TCIC dans les autres cours et même dans les autres contextes de ma vie. J'ai trop tendance à m'éteindre une fois le cours terminé.

Mon objectif en ce moment est de garder cette liberté profonde, cet amour, cette lumière dans n'importe quelle circonstance et de la partager plus ou moins selon les contextes de manière appropriée.

Je pense qu'il n'y a que de cette façon que je serai vraiment digne de ce que je suis." 

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Noémi BEN TOLILA, etudiante :

« A l’échelle de ma vie, le fait de grandir est quelque chose dont j’ai rarement eu conscience.

A l’issue de cette année de TCIC, je peux fièrement affirmer que j’ai grandi. J’ai grandi dans mon corps, en apprenant à l’écouter, à le respecter, en prenant confiance en certaines

de mes intuitions. Travailler jusqu’au bout des doigts a allongé mes bras et mes jambes : cela m’a fait grandir dans le sens où j’en ai physiquement ressenti l’impact sur mon amplitude, sur ma taille. Mais je peux également affirmer que j’ai grandi parce que j’ai appris : de nouvelles choses, appris à désapprendre, découvert de nouvelles voies pour apprendre ou mieux apprendre. 

 

Gagner en souplesse, en rigueur, en attention a également fait grandir le plaisir : le plaisir de venir, de me confronter à des difficultés, à moi-même et parfois au regard des autres. 

Ma perception s’est affinée, elle s’est agrandie et elle a mûri. A travers mes yeux, je perçois plus intensément, plus sereinement, et ce qui m’entoure quand je viens ici le lundi soir, je ne peux que le trouver beau. Ce travail est beau, mes camarades sont beaux, le partage et les rencontres sont belles. 

 

En comprenant des choses sur mon corps, sur des qualités ou des émotions, je me réjouis d’avoir grandi et d’avoir compris que la TCIC permet et permettra toujours à quelqu’un de grandir car c’est le lieu de l’apprentissage et de l’évolution. C’est le lieu de l’apprentissage de l’intime, si souvent négligé. Depuis l’intérieur on s’agrandit pour partager, donner, offrir. Le partage et l’écoute, le respect et la compréhension dont j’ai été le témoin ici le lundi soir m’ont confirmé que ce qui est intime ou subjectif comme les émotions, les sensations ou les sentiments peuvent être universels de la même façon que l’universel - les qualités comme chacun les a choisies dans son travail - peut s’ancrer singulièrement dans une subjectivité.

 

Comprendre et apprendre c'est grandir. L'intensité de ce cours m'a permis de prendre conscience que j'ai appris, que j'ai grandi. Pour cela, merci. »

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 Laure-marie harant, ETUDIANTE : 
 

"J’ai aimé découvrir des personnes à travers ce travail, dans un espace où l’on cherche à être vrai, libéré.

Les relations qui se créent sont simples, le sentiment de partage réel et profond. Nos vies et nos petits tracas ne nous définissent pas ici ; nos métiers, nos relations, ne font pas ce que nous sommes. Je crois que durant ces mardis soirs « nous sommes », nous existons, c’est à la foi tout simple et merveilleux.

 

Merci pour tout ces progrès, toutes ces étapes franchies, les accomplissements de chacun étant un accomplissement pour le groupe. (...)

Mon année n’aurait jamais été la même sans cet atelier. J’ai dû faire des choix importants et la TCIC m’a réellement accompagnée dans ma route. Travailler la qualité de sagesse au premier semestre, plonger en soi, en son corps comme dans la profondeur de son esprit, puis conscient de cela exprimer mon désir et l’assumer et enfin s’inspirer pour aller plus plus loin, se nourrir de choses toujours différentes et chercher un regard sur le monde qui soit le plus réceptif possible. 

J’ai commencé à goûter à l’intensité du Jeu et je ne veux plus m’en passer. À vrai dire je crois que ma vie quotidienne est aussi plus intense.

Pour finir donc, "ce que j’emporte avec moi" : une envie profonde même viscérale de vivre plus, dans la vie de tous les jours et à travers le Jeu."  

test lumiere

Kéti Irubetagoyena, metteur en scène et chercheuse en Etudes théâtrales à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon :

"Je suis actuellement en thèse d'Études théâtrales à l'École Normale Supérieure de Lyon. 
Il y a un an, mes recherches sur la « direction d'acteur dans le théâtre français contemporain » m'ont amenée à m'intéresser de très près au travail de Delphine Eliet au sein de L'école du Jeu. Mon directeur de recherches, Jean-Loup Rivière, a lui-même prêté attention à cette formation et l'a validée comme l'un des quatre « cas » qui seront traités dans ma thèse. 
La formation d'acteur délivrée par Delphine Eliet est, à mon sens, tout à fait novatrice en France. 
Dans son école, cette ancienne comédienne de la Compagnie Nordey entend « apprendre par le corps », fait rare dans une nation où l'histoire théâtrale a pendant longtemps privilégié l'intellect. L'enseignement de Delphine Eliet, au contraire, s'inscrit dans la droite ligne d'un double héritage stanislavsko-meyerholdien, qu'elle plonge dans des problématiques contemporaines. Voilà trois mois que j'effectue un travail de recherches approfondies dans cette école – recherches mêlant théorie et pratique – et j'en mesure chaque fois la richesse. Dès l'an prochain, je souhaite d'ailleurs construire un pont entre Lécole du Jeu et l'École Normale Supérieure afin de donner au travail de Delphine Eliet l'ampleur qu'il mérite sur le plan scientifique. 
Je tiens L'école du Jeu pour l'une des meilleures formations de l'acteur en France aujourd’hui."Propos Caroline
Caroline Marcadé, danseuse, chorégraphe, professeur au Conservatoire National Supérieure d’Art Dramatique :

"Il règne dans le cours de Delphine Eliet un silence, une concentration remarquable.
Les élèves comédiens commencent par entraîner leurs corps, les exercices privilégient le poids du corps, son centre de gravité, la souplesse, la détente. Guidés par la voix de Delphine Eliet, les élèves, la plupart ont les yeux fermés, recueillent en eux la profondeur du souffle, l’exigence de la concentration.
J'observe leur écoute, chacun est engagé à fond. Tout au long du travail, c'est cette qualité d'engagement que je ne cesserai d'observer.
Le cours, ici, est bien le lieu de l'exigence artistique, du recueillement essentiel, pas de dispersion, une concentration constante.
Chaque élève, dans sa singularité, est un élément constitutif du groupe.
Les exercices s'enchaînent à un rythme soutenu, le professeur guide, corrige, se préoccupe de chacun. Puis, un par un, les élèves choisissent une « qualité » physique et la présente à la classe entière sous la forme d’un court solo dans l'espace.
Il n'y a pas d'effet recherché, pas d'efficacité, seulement la recherche d'une qualité intérieure et d'une sincérité.
Ce mot « qualité » reviendra tout au long du cours. Comme une marque de fabrique. Comme la nécessité d'exiger des élèves un seuil de qualité sous lequel rien ne passe. Delphine leur donne un enseignement de haute qualité, elle offre à ses comédiens la perspective d'un théâtre ancré dans la qualité de chaque interprète. Cette qualité repose sur une conscience de la responsabilité de l'interprète et du choix qu'il fait au moment où il agit.
Ici, il s'agit d'« être » autant que de « jouer ».
La deuxième partie du cours est consacrée au travail des scènes. Il n'y a pas de rupture véritable avec les exercices précédents, tout s’enchaîne de manière organique. A chaque fois, et au fur et à mesure des propositions, le corps reste toujours engagé, le corps est l'espace où tout se ressent, se pressent, s'exprime. Inlassablement, Delphine demande à l'élève de recommencer quand son corps s'absente, quand l'énergie retombe, quand l'élève fabrique au lieu d'être.
J'observe la vigilance de chaque élève à enregistrer les remarques et les consignes. Il n'y a, là encore, pas de dispersion, pas de commentaire, seulement agir et recommencer. Les élèves qui sont assis et qui regardent leurs camarades travailler sont dans la même « qualité » d’écoute.
Peu à peu, le studio de travail se charge d'une force éloquente, je ressens comme une puissance en marche : ils avancent tous dans le même sens, tout le monde travaille, tout le monde est investi du même courage, de la même élégance artistique.
La densité du travail est remarquable. Les scènes s'affinent de plus en plus, les élèves se révèlent précis, les intentions s’affirment, les objets, les accessoires font leur apparition comme le reste : organiquement.
J'assiste à un cours magistral, je le dis clairement. L'école du Jeu atteint un niveau d'exigence professionnelle exemplaire.
Je remercie Delphine Eliet de m'avoir autorisée à assister à son travail : il se dégage de celui-ci une humanité rare."


Maia et Zita
Cécile Loyer, danseuse, chorégraphe, diplômée du CNDC :

"À l'automne 2007, je suis allée assister à un atelier de L'école du Jeu, mené par Delphine Eliet.
C'était « la rentrée des classes », et les élèves comédiens, que je découvrais, avaient commencé ce travail un mois plus tôt.
En tant que danseuse (interprète, chorégraphe et enseignante) j'étais très curieuse du travail mené par Delphine Eliet. Je l'avais rencontrée peu de temps auparavant, et sa recherche, ou plutôt sa méthode, sa façon de chercher me semblait différente de ce que je connaissais, abordant des pratiques du corps et touchant des endroits qui ne m'étaient pas inconnus, mais qui, en France, étaient loin d’être reconnus.
Certains « apprentis comédiens » avaient déjà une pratique, une expérience, on sentait chez eux une certaine assise, une connaissance du terrain, mais pour d'autre c’était beaucoup plus difficile, ils avaient du mal à contrôler leurs émotions, leurs désirs et leurs peurs.
Je suis sortie de cet atelier avec le sentiment d’avoir assisté à quelque chose d'unique et avec la double impression de connaître ce travail mais de n'avoir rien compris.
Des cours de danse, des ateliers de théâtre, j'en ai pratiqué beaucoup, j'en ai donné aussi et jamais je n'ai assisté à une « technique » mêlant aussi précisément et profondément le corps et les mots.
J'avoue avoir pensé que certains élèves comédiens n'arriveraient jamais à monter sur les planches.
Je suis retournée à L'école du Jeu en avril 2008. Je n'ai pas vu les mêmes personnes. J'ai vu des artistes mûrs, puissants, bien dans leurs corps et dans leurs têtes, j'ai entendu de très « bons » comédiens.
Les plus « fragiles », du début, étaient méconnaissables, les plus « sûrs » étaient plus ouverts, plus présents, plus humbles aussi, peut-être. Ils avaient tous énormément changé et étaient magnifiques.
J'ai été, et je le suis toujours, très impressionnée par ce travail.
C'est un travail de très grande qualité parce que c'est un travail exigeant qui met en jeu la personne face à l'autre et face au monde.
frise cours

Vincent Dissez, comédien :

"J'ai suivi un stage dirigé par Delphine Eliet il y a un an. J'ai pu trouver, durant ces 6 jours, une formation riche, personnalitsée et singulière qui m'a apporté des outils pour approfondir ma pratique. Ce travail aborde la pratique de l’interprétation par un angle que je ne connaissais pas et que je n’ai connu dans aucun autre atelier. Il donne à l’acteur une autonomie et une connaissance de soi qui sans doute enrichissent son travail et celui des projets auxquels il participe quelqu’en soit la nature artistique."

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