Aricle Picon Vallin

Béatrice Picon-Vallin, directeur de recherche en Etudes théâtrales au CNRS :

"J'ai été à l'Ecole du Jeu, intriguée par les échos très positifs que me renvoyaient les élèves de Delphine Eliet qui avaient intégré le CNSAD, après avoir travaillé avec elle.
J'ai aimé l'ambiance calme et lumineuse qui régnait dans l'atelier de travail. Delphine Eliet, qui a derrière elle un beau parcours d'actrice, sait utiliser son expérience et son savoir pour dispenser une pédagogie originale qui, avant de s'intéresser au travail du texte, passe par la connaissance et l'écoute, pour chacun, de son « corps en jeu » (improvisations à partir d’impulsions fortes, jeu avec le(s) partenaire(s), écoute de l'autre à travers les informations physiques qui émanent de lui, affinage de la perception. 
Les élèves-acteurs sont considérés comme des joueurs, et elle retrouve par là, les principes des quelques grands directeurs d'acteurs pour lesquels au théâtre l'état de joie est l'état créateur par excellence. Elle transmet aux élèves-acteurs le sens du plateau, la responsabilité qu'implique le fait d'y entrer et les risques qu’il faut savoir y prendre. 
Delphine Eliet aime enseigner, elle transmet des principes incontournables pour qui veut faire du théâtre. Cette Ecole du jeu est un lieu à protéger et à développer."Delphine Eliet

Kéti Irubetagoyena, metteur en scène et chercheuse en Etudes théâtrales à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon :

"Je suis actuellement en thèse d'Études théâtrales à l'École Normale Supérieure de Lyon. 
Il y a un an, mes recherches sur la « direction d'acteur dans le théâtre français contemporain » m'ont amenée à m'intéresser de très près au travail de Delphine Eliet au sein de L'école du Jeu. Mon directeur de recherches, Jean-Loup Rivière, a lui-même prêté attention à cette formation et l'a validée comme l'un des quatre « cas » qui seront traités dans ma thèse. 
La formation d'acteur délivrée par Delphine Eliet est, à mon sens, tout à fait novatrice en France. 
Dans son école, cette ancienne comédienne de la Compagnie Nordey entend « apprendre par le corps », fait rare dans une nation où l'histoire théâtrale a pendant longtemps privilégié l'intellect. L'enseignement de Delphine Eliet, au contraire, s'inscrit dans la droite ligne d'un double héritage stanislavsko-meyerholdien, qu'elle plonge dans des problématiques contemporaines. Voilà trois mois que j'effectue un travail de recherches approfondies dans cette école – recherches mêlant théorie et pratique – et j'en mesure chaque fois la richesse. Dès l'an prochain, je souhaite d'ailleurs construire un pont entre Lécole du Jeu et l'École Normale Supérieure afin de donner au travail de Delphine Eliet l'ampleur qu'il mérite sur le plan scientifique. 
Je tiens L'école du Jeu pour l'une des meilleures formations de l'acteur en France aujourd’hui."Propos Caroline
Caroline Marcadé, danseuse, chorégraphe, professeur au Conservatoire National Supérieure d’Art Dramatique :

"Il règne dans le cours de Delphine Eliet un silence, une concentration remarquable.
Les élèves comédiens commencent par entraîner leurs corps, les exercices privilégient le poids du corps, son centre de gravité, la souplesse, la détente. Guidés par la voix de Delphine Eliet, les élèves, la plupart ont les yeux fermés, recueillent en eux la profondeur du souffle, l’exigence de la concentration.
J'observe leur écoute, chacun est engagé à fond. Tout au long du travail, c'est cette qualité d'engagement que je ne cesserai d'observer.
Le cours, ici, est bien le lieu de l'exigence artistique, du recueillement essentiel, pas de dispersion, une concentration constante.
Chaque élève, dans sa singularité, est un élément constitutif du groupe.
Les exercices s'enchaînent à un rythme soutenu, le professeur guide, corrige, se préoccupe de chacun. Puis, un par un, les élèves choisissent une « qualité » physique et la présente à la classe entière sous la forme d’un court solo dans l'espace.
Il n'y a pas d'effet recherché, pas d'efficacité, seulement la recherche d'une qualité intérieure et d'une sincérité.
Ce mot « qualité » reviendra tout au long du cours. Comme une marque de fabrique. Comme la nécessité d'exiger des élèves un seuil de qualité sous lequel rien ne passe. Delphine leur donne un enseignement de haute qualité, elle offre à ses comédiens la perspective d'un théâtre ancré dans la qualité de chaque interprète. Cette qualité repose sur une conscience de la responsabilité de l'interprète et du choix qu'il fait au moment où il agit.
Ici, il s'agit d'« être » autant que de « jouer ».
La deuxième partie du cours est consacrée au travail des scènes. Il n'y a pas de rupture véritable avec les exercices précédents, tout s’enchaîne de manière organique. A chaque fois, et au fur et à mesure des propositions, le corps reste toujours engagé, le corps est l'espace où tout se ressent, se pressent, s'exprime. Inlassablement, Delphine demande à l'élève de recommencer quand son corps s'absente, quand l'énergie retombe, quand l'élève fabrique au lieu d'être.
J'observe la vigilance de chaque élève à enregistrer les remarques et les consignes. Il n'y a, là encore, pas de dispersion, pas de commentaire, seulement agir et recommencer. Les élèves qui sont assis et qui regardent leurs camarades travailler sont dans la même « qualité » d’écoute.
Peu à peu, le studio de travail se charge d'une force éloquente, je ressens comme une puissance en marche : ils avancent tous dans le même sens, tout le monde travaille, tout le monde est investi du même courage, de la même élégance artistique.
La densité du travail est remarquable. Les scènes s'affinent de plus en plus, les élèves se révèlent précis, les intentions s’affirment, les objets, les accessoires font leur apparition comme le reste : organiquement.
J'assiste à un cours magistral, je le dis clairement. L'école du Jeu atteint un niveau d'exigence professionnelle exemplaire.
Je remercie Delphine Eliet de m'avoir autorisée à assister à son travail : il se dégage de celui-ci une humanité rare."

test lumiere
Maia et Zita
Cécile Loyer, danseuse, chorégraphe, diplômée du CNDC :

"À l'automne 2007, je suis allée assister à un atelier de L'école du Jeu, mené par Delphine Eliet.
C'était « la rentrée des classes », et les élèves comédiens, que je découvrais, avaient commencé ce travail un mois plus tôt.
En tant que danseuse (interprète, chorégraphe et enseignante) j'étais très curieuse du travail mené par Delphine Eliet. Je l'avais rencontrée peu de temps auparavant, et sa recherche, ou plutôt sa méthode, sa façon de chercher me semblait différente de ce que je connaissais, abordant des pratiques du corps et touchant des endroits qui ne m'étaient pas inconnus, mais qui, en France, étaient loin d’être reconnus.
Certains « apprentis comédiens » avaient déjà une pratique, une expérience, on sentait chez eux une certaine assise, une connaissance du terrain, mais pour d'autre c’était beaucoup plus difficile, ils avaient du mal à contrôler leurs émotions, leurs désirs et leurs peurs.
Je suis sortie de cet atelier avec le sentiment d’avoir assisté à quelque chose d'unique et avec la double impression de connaître ce travail mais de n'avoir rien compris.
Des cours de danse, des ateliers de théâtre, j'en ai pratiqué beaucoup, j'en ai donné aussi et jamais je n'ai assisté à une « technique » mêlant aussi précisément et profondément le corps et les mots.
J'avoue avoir pensé que certains élèves comédiens n'arriveraient jamais à monter sur les planches.
Je suis retournée à L'école du Jeu en avril 2008. Je n'ai pas vu les mêmes personnes. J'ai vu des artistes mûrs, puissants, bien dans leurs corps et dans leurs têtes, j'ai entendu de très « bons » comédiens.
Les plus « fragiles », du début, étaient méconnaissables, les plus « sûrs » étaient plus ouverts, plus présents, plus humbles aussi, peut-être. Ils avaient tous énormément changé et étaient magnifiques.
J'ai été, et je le suis toujours, très impressionnée par ce travail.
C'est un travail de très grande qualité parce que c'est un travail exigeant qui met en jeu la personne face à l'autre et face au monde.
frise cours

Vincent Dissez, comédien :

"J'ai suivi un stage dirigé par Delphine Eliet il y a un an. J'ai pu trouver, durant ces 6 jours, une formation riche, personnalitsée et singulière qui m'a apporté des outils pour approfondir ma pratique. Ce travail aborde la pratique de l’interprétation par un angle que je ne connaissais pas et que je n’ai connu dans aucun autre atelier. Il donne à l’acteur une autonomie et une connaissance de soi qui sans doute enrichissent son travail et celui des projets auxquels il participe quelqu’en soit la nature artistique."

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